Construire des ponts pour rassembler notre nation

Vous trouverez ci-dessous les points saillants des divers problèmes concernant la Nation, certains imminents, d'autres importants, que M. Chenorhokian aborde dans son interview à CivilNet.

La diaspora n'existe pas en tant qu'entité pensante ; il n'y a pas d'instance unifiée qui prend en charge des sujets importants comme la reconnaissance du Génocide, dont le Premier ministre nous a suggéré, à nous, la Diaspora, de nous occuper. Il est important de se rassembler, de constituer un agenda avec les priorités et la chronologie de ses points et d'envisager les ressources nécessaires. Des sujets tels que la sauvegarde des propriétés arméniennes à Jérusalem, le destin des communautés stratégiquement importantes au Moyen-Orient, l'avancement de la communauté en Ukraine qui comptait 600 000 avant-guerre, sont évoqués sans que personne ne s'en charge.

Il y a trente ans, la démocratie se faisait par représentation. Les gens élisaient des représentants qui prenaient des décisions. A l'ère d'Internet, on tend vers une démocratie participative, où la société civile se prend en main. C'est la tendance mondiale. Dans le cas de la diaspora arménienne, il est essentiel d'avoir un respect mutuel et une coopération entre les institutions traditionnelles et la société civile. On ne peut ignorer la société civile et ceux qui ne sont pas engagés dans les institutions, particulièrement nos jeunes. D'autre part, les institutions traditionnelles ont un rôle vital dans la diaspora. Retirez les églises, l'ARF et les structures de l'UGAB de la diaspora et voyez ce qui restera.

La Table Ronde des Arméniens de la Diaspora (DARTDART) a réuni à Paris les 18 et 19 juin 2022 : trente et un Arméniens indépendants de 8 pays, qui se sont assis autour d'une table ronde, à chaises égales, pour aborder les questions ci-dessus, sans prétendre représenter la Diaspora.

Les préoccupations des participants étaient les divisions destructrices entre les Arméniens, tant dans la patrie que dans la diaspora, et la perte de confiance en soi et d'espoir. Les gens ont perdu leurs repères. Les Arméniens ont fait confiance à travers l'Europe et l'Asie depuis le 12ème siècle.
Le roi de France Louis XIV avait désigné un Arménien Marcara Avanchinz à la tête de la « Compagnie française des Indes occidentales », s'occupant des pierres précieuses. En Inde, on nous appelait « Princes marchands arméniens » ; le dernier de ces princes était Lord Paul Chater, qui était « l'architecte » de Hong Kong et est devenu un philanthrope important. Maintenant, nous avons un sérieux revers. Notre classe politique, composée du gouvernement et de l'opposition, a été discréditée.

Nous n'avons pas perdu la dernière guerre pendant seulement les 44 jours mais pendant les décennies qui ont précédé la guerre. L'Artsakh était plus grand que le Liban, mais avait une population de 150 000 habitants contre 6 millions au Liban. Nous avons laissé des millions d'Arméniens partir et construire la Russie, plutôt que de les garder sur la terre riche de son sol, de son eau et de ses mines. Notre perte était démographique avant d'être militaire. Notre perte a été celle d'un leadership qualifié et, plus largement, de nos valeurs.
Il est essentiel que nous rebondissions. Cela peut passer par le dialogue et l'établissement de la confiance entre les lignes de démarcation. Nous avons d'énormes lacunes, un manque de confiance et un manque de coopération à différents niveaux ; entre le gouvernement de la République d’Arménie et la diaspora, Baghramyan et Echmiatsin, entre nos différentes institutions gouvernementales, les deux pôles des diasporas occidentales, c'est-à-dire l'UGAB et l'ARF, les diasporas traditionnelles et nouvelles, les préjugés entre les diasporas et les Hayasdantsis...
Nous devons construire des ponts, par exemple en créant un terrain d'entente pour le dialogue entre le gouvernement et l'opposition, pour les sortir de l'impasse dans laquelle ils se trouvent.

Nos voisins jouent un rôle diplomatique essentiel entre la Russie et l'OTAN. Les Arméniens auraient-ils pu jouer un tel rôle ? Certainement ! Nous avons des diplomates de haut niveau qui entretiennent des liens étroits avec les gouvernements français, russe et américain. Au DART, nous avons envisagé de constituer un groupe de travail composé de diplomates européens, américains et russes pour servir la patrie. Mais un tel groupe de travail n'aurait aucun sens s'il n'avait aucun lien, ou plutôt recevait ses instructions de notre gouvernement. Le problème reste la communication avec le gouvernement. « NOUS » avons tous notre estime de soi, notre fierté.
Seuls NOUS avons eu Davit Anhaght, Shiragatsi, Alikhanyan. Nous avons fondé le centre Tumo, le Lori Smart Center. Mais lors de la dernière guerre, nous nous sommes rendus compte que ce n'était pas nous qui avions conçu ou produit les Bayraktars. Avec notre fierté, nous devons porter une dose d'humilité. Nous avons besoin les uns des autres.

La constitution de DART a été un succès en soi, puisqu'elle a réuni des personnes de différents pays, horizons et courants politiques. Parmi ses participants figuraient les fondateurs ou directeurs de quatre grandes ONG dont chacune contribue des millions de dollars à la patrie.
DART ne deviendra pas une organisation. Il n'aura aucune immatriculation et n'exploitera aucun projet. Il ne fera que relier les différents segments de la Nation, encouragera le dialogue et la coopération.
Nous construirons, avec persévérance et humilité, ensemble.

Cliquez sur le lien ci-dessous pour regarder l'interview :

Le 4 août 2022

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